Ca se passe en bas d'chez toi

Ca se passe en bas d'chez toi

Je t'écris cette lettre
Pour te dire qu'ici bas, plus rien ne va
Non plus rien crois moi

Le monde a contracté une dette
En ne te laissant que le fond d'caisse
Puis s'est fait braquer sa maigre recette

Et ça, ça s'passe juste en bas d'chez toi

La jeunesse s'est armé sans savoir
Que le savoir aussi peut devenir pouvoir
Et que dans leur vie, il n'y a pas qu'du foutoir

Que les vieux ne veulent plus partir
Sans l'dessin d'un beau coup d'bistouri
Noirs desseins d'leurs visages amaigris

Tu sais la beauté aussi, devient trafic odieux
Et les gens veulent maintenant ressembler à des dieux
L'Oréal me l'a dit dans sa pub « j'vaux bien mieux »

Dire que la paix, pour nous, n'est plus qu'une illusion
Et qu'on entend toujours résonner les canons
De ces sales chefs d'état qu'on reçoit au balcon

Que nos cités crient souvent « révolution »
Que la rue nous élève à grand coup de bâton
Et que pour nous calmer on demande soumission

Et ça, ça s'passe juste en bas d'chez toi

J'te parle pas de la drogue qui nous aide à tenir
Cigarette, alcool, sexe, allez faut pas s'mentir
Ils s'immiscent dans nos veines, on l'avait pas vu venir

Puis, tu sais, y'a aussi nos fameux dirigeants
Qui crèchent dans des palais avec tout notre argent
Des hangars luxueux en guise d'appartement

Moi qui croyais en ces hommes se battant pour les gens
Je me rends compte maintenant qu'ils roulent juste pour l'argent
Et dans leur froide antichambre, nous sommes tous des servants

Même l'air s'est transformé en poussière
Polluant nos cerveaux et nos poumons d'cancer
Imagine le marchand crabe volant dans les airs

Imagine la scène d'un hiver sans sel
Imagine la Seine sortant de son lit
J'te représente pas la scène ca devient trop obscène
Et ça, ça s'passe juste en bas d'chez toi

Et je regarde à travers les vitres sales
De mon tortillard souvent trop matinal
Et mes yeux sont rivés sur un petit espoir

Mais que faire de ces pauvres qui errent
Dans nos forets de bois verts
Cachés sous un amas d'misère

Une fumée s'échappe de leur galère
Comme un appel à l'abbé pierre
Ou tel l'indien appelant ses frères

J'te parle de la vie et du manque d'organe
J'te parle de ceux qui courent après l'orgasme
J'te parle de ce monde devenu un marasme

Et ça, ça s'passe juste en bas d'chez toi

Tu sais

Même l'argent nous vendra aux enchères
Regarde sur EBay c'est la vente aux enfers
Pour un p'tit peu d'oseille on nous vend la misère

En plus, l'homme a touché le fond du cupide
Et parfois cupidon le rend aussi stupide
Mais un homme sans amour devient désert aride

Et dans les bras de l'autre il perd sa gratitude
Et ne cherche qu'à nourrir son plaisir un peu rude
Oubliant qu'il est né, le regard un peu prude

Prends une p'tite pilule bleue au pouvoir enivrant
Pourquoi tu t'en sers aussi de détergent ?
Parce qu'il aide à laver toutes sortes de sentiments

Et l'amour déserta nos gros c½urs allégés
On n'aime plus qu'en mode light et en hydrogéné
Car on sait jamais nos c½urs pourraient s'noyer

Et les gens, ici bas, se résignent à aimer
Mettant leur semence dans du plastique moulé
A cause d'un virus qui voudrait les squatter

Et ça, ça s'passe juste en bas d'chez toi

Alors je t'avoue qu'le constat est amer
Mais tu sais, c'est comme ca et il faut bien si faire
Et si jamais tu viens, et qu'tu croise Lucifer

Dis lui bien de notre part, c'est bon, lâche l'affaire
Car il est temps pour nous de rouvrir nos ½illères
Et de montrer au monde que si on veut, on peut l'faire

Oui si on veut on peut l'faire

Voilà, j't'écris ca, et je prie
Pour que ca s'passe plus jamais
Non...plus jamais en bas d'chez toi

SmOoZ
# Posté le mercredi 09 janvier 2008 08:55

GI joe

GI joe
G.I Joe

Joe vient d'une famille catholique
Où les regards obliques fusent de parents alcooliques
Son père Pasteur atypique, se fourvoie dans les bras de sa mère asthmatique
Les soirs ils s'assoient devant leur Dieu phalluso-cathodique
Et éructent sur leur peurs attisées de vindicte
En somme, Joe, c'est la somme d'un univers merdique
Attiré par des envies fétides, il s'écarte de ces soirées festives
Son père rigide le façonne d'idées putrides
Pendant qu'ils chassent des sales vautours avides
Mais dans sa tête sonne le vide
C'est comme le glas de nos déserts arides
A 21 ans déjà la grande famille l'invite à un nouveau génocide
L'armée le hèle de la chair fraiche qu'il réclame à la pelle
Sa mère chiale quand son père l'appelle
N'oublie pas de ton Dieu reste fidèle
Pour ta patrie ravive l'étincelle et fout le reste à la benne
La vie, la mort, tu sais rien d'eternel, donc ramasse juste l'oseille
Armé de sa sempiternelle et sans pitié même
Joe adhère au nationalisme comme la mouche à la merde
C'est le pouvoir du nombrilisme et des cerveaux en berne
Prêchant naissance de l'incivisme prônant un jour qu'on se referme
Joe dégaine ses armes comme pacte légitime
Et nourrie sa haine des tours de Babel et ses victimes
Des actes ignobles faits par des fous mais surement pas des marabouts
Mais lui façonne son ½uvre à force de petits trous
Dans la tête de ces barbus, c'est comme ca qu'on devient barbouze
Jamais de blues dans son paradis blanc
Juste du rouge sur sa blouse tachée d'sang

C'est fou c'que Dieu t'fait faire quand derrière toi s'embrase l'enfer
C'est fou c'que l'homme est con, quand il embrasse les pieds d'sa mère

Alors Joe fulmine, pose des mines et fait mine d'oublier
Il décrit à papa ses cauchemars sur papier sulfurisé
L'½il contre la lunette de visée, tout est vite oublié
Il shoot la vie des ces têtes venant d'éclore
Champion hors catégorie peut être un jour médaille d'or
Et voila qu'un matin le malin croise son destin
Une balle traversa son ½il sans jamais y mettre un frein
Cet ½il ouvert sur chaque coup de chien
Cet ½il envoyé à son père dans quatre planches de pin
La faute à une patrie élevant d'la chair à canon
Des chiens enragés, des pitts assoiffés d'sang
Parait même qu'c'est pour l'bien de la nation
Et qu'ce n'est pas pour l'or noir qui vient des fondations
En fait sur cette simple déduction,
Joe faisait juste parti d'un énorme marmiton
Et là soudainement j'ai comme une énorme suspicion
Si ca se trouve, le prochain troufion, ca sera p'tetre mon fiston



SmOoz
# Posté le mardi 19 février 2008 15:28

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j'en avais marre de montrer ma sale bobine, alors j'ai fait appel à un garçon tres doué, F-M-R, et il m'a concocté ce petit bijou. dorénavant ma signature. merci à toi pour ce super boulot...
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# Posté le vendredi 22 février 2008 10:59

slam pour les Comores (présenté le 21/03/08 à Noisiel-MPT)

slam pour les Comores (présenté le 21/03/08 à Noisiel-MPT)
ce slam est en préparation d'une rencontre avec des comoriens pour la Maison pour Tous de Noisiel.


Nos mots les plus forts résonnent entre France et Comores
Et l'On s'accommode de ces vies qu'on sans cesse emprisonne
Perdus dans ces iles aux parfums d' sycomores
Il s'en échappe de leur c½ur, comme eux s'enfuient de leur corps

Partis de ces terres lointaines pour trouver l'eldorado
Petit pays t'accueil sans jamais tourner l'dos
De cette communauté qui supporte un fardeau
Ils viennent avec fierté portant leurs oripeaux

Mais leur c½ur est ailleurs quand leur vie est ici
Vivant tous en commun comme un nid de fourmi
En élevant les gosses dans l'amour du pays
Ils avancent devant eux le regard obscurci

Car l'enfant de là-bas qui viens de voyager
En laissant derrière lui son foyer apeuré
Prenant parfois la mer et manquant d's y noyer
Il ignorait qu'ici la galère s'est échouée

Mais sa porte s'ouvrira a chaque pleure du mendiant
Comme je mendie mes mots cherchant l'assentiment
De ses femmes de ces hommes se couchant en priant
Qu'un beau jour le soleil fasse briller leurs enfants

Et c'est autours d'un de ces fameux samboussa
Ou d'un Ndrovi na nazi qui nous laisse en émoi
Que vous m'emmènerez gouter ces fameux petits plats
J'ouvrirais grand mes bras pour damer dans tout ca

Mais je n'oublie pas

Je n'oublie pas les douleurs de ces gens
Je n'oublierais jamais quels sont les sentiments
De ces ilots perdus, confins des océans
Qui même pleins de richesses vivent comme des mendiants


Si t'envoies de l'argent pour aider la famille
N'oublie pas que ton c½ur lui aussi crie famine
Et qu'il est important que tes yeux s'illuminent
Sur un nouveau présent un future qui domine

Je n'oublie pas non plus que la bas rien n'est rose
Que les enfants souvent ne vivent pas dans la rose
Que la culture s'enfouie, mais s'en prendre la prose
Et qu'il arrive souvent que vos cris s'ankylosent

On m'a dit

On m'a dit qu'être comorien
C'est donner sa chance aux frangins
Un peu comme Soprano qui reste sur le droit chemin
Et qu'on aide bien ces femmes à nourrir ses gamins

Des hôpitaux chargés de malades oubliés
Des écoles désertées d'une culture malmenée
Il ne reste que des larmes d'un passé galvaudé
Des blessures grandes ouvertes qu'il vous reste à soigner

De ces iles qui se cherchent sur la voie de l'honneur
Moi j'y apporte ma voix et leur offre du bonheur
C'est du SlAm en cascade pour atteindre le c½ur
De vos pères de vos mères, de vos frères et vos s½urs

Alors pour conclure je dirais

Les mots sauvent le c½ur de l'âme
Quand les armes vivent au c½ur des hommes


SmOoZ
# Posté le lundi 17 mars 2008 06:35

Du cercle

Du cercle (1er acte)


Ici ou la bas on n'veut pas rentrer dans le cercle
Infernal, fermé, abyssal, cloitré et sans diversité
Aucune du clan qui ne veut pas s'insérer
Espérant paraitre comme cet improbable trèfle

La ou ailleurs on s'échine à se brosser les chaines
Comme on se charge de n'pas courber l'échine
Moi je m'acharne à bosser sur mes rimes
Puis je m'arrime au devant de la scène

Aujourd'hui comme hier on craint de s'aliéner
Idem à ces fous d'assassins Fourniret et Dutrou
Un cercle de chiens battus sorti du fond d'un trou
Ou notre chape de honte y voudrait s'étouffer

Mamad ou Amine voulaient se faire cercler
Et faire parti d'une frange de centaine d'empacsés
Un acte somme toute banal même quand on est pédé
Mais rien ne peut briser les tabous du passé

De loin ou de tout prêt le cercle sans cesse divise
Et c'est au jeu de pomme dont il presse son jus
Rend nos cerveaux esclaves et nous brise les genoux
Son empreinte, sa devise, le règne de la main mise

Car partir ou venir le cercle s'active dans l'ombre
Comme ce patron inique devant ses fanatiques
Perché en haut d'sa tour et d'ses pouvoirs bibliques
Et qui laisse en silence mourir les jeunes en nombre

Peut être que surement le cercle sait initier
Et même pour l'étranger qui vient pour s'insérer
Ou se désarçonner sur des frontières biaisées
C'est retour à la case dans des Boeing guindés

De l'ange ou du démon le cercle donne ses missions
Sur son pourtour brulant et son parcours gluant
Les odeurs des quartiers l'enivrent ou sont puantes
Du karcher dans les halls et du sang goût savon

Et de l'up and down le cercle se dresse entre nous
La bourgeoise dort profond de son sommeil du juste
La misère à ses pieds d'un homme en toile de jute
C'est Marianne que l'on viole et qu'on met à genou

C'est du Ying et du Yang dont est fait notre cercle
Du sincère du menteur nous somme tous habités
De l'exclu, l'invité, qui vient pour partager
Et de nos yeux d'enfants pour combattre ces règles...



SmOoZ 2/04/08
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# Posté le lundi 07 avril 2008 09:22